Yoyu Attacks!, Heidi Hörsturz (2016)

Yoyu Attacks! est un court-métrage d’animation non-narative de l’artiste néerlandaise Heidi Hörsturz. Je l’ai vu au festival du film d’animation de Třeboň lors d’une projection de court-métrages abstraits et non narratifs. J’aimerai vous en parler car même si je ne l’ai pas réellement aimé, il m’a fait réfléchir sur certains sujets et ne m’a certainement pas laissée indifférente.

Ce film a pour but, comme la plupart des œuvres de l’auteure, de se questionner sur la volonté d’être hyperstimulée de notre société. C’est pour cela que le court-métrage sont en réalité trois minutes d'”hyperhyperstimulation” parmanente. Les couleurs sont agressives, les images s’alternent dans un rythme extrêmement rapide, la bande-son est constituée de sons pour la plupart très aigus, le volume est particulièrement fort. C’est volontairement dérangeant. Dérangeant, je pense que c’est le mot qui décrit le mieux le tout.

Alors, avant de dire mon avis, il est inutile de savoir que j’ai passé un moment horrible devant ce film. Comme je viens de le dire, le court-métrage est dérangeant, le spectateur n’a pas un moment pour souffler et moi-même ai passé la moitié du temps à souhaiter que cela s’arrête. C’est notamment à cause du son par lequel on se sent agressé et étant donné que j’ai vu Yoyu Attacks! au cinéma, j’en étais totalement victime.
En temps que personne absolument intelligente et ouverte d’esprit, je me suis dit que l’art ne se résumait pas à passer un bon moment et que j’allais essayer de comprendre le court-métrage.

Tout d’abord, je trouve le thème de l’hyperstimulation très intéressant et actuel. Je suis une des premières à trouver que les films actuels recherchent toujours à tenir en haleine leur public le plus possible mais en lui faisant digérer une quantité phénoménale d’informations. J’ai peur que l’intérêt d’un spectateur lambda pour un film ayant un rythme moins effreiné disparaisse et que les réalisateurs continuent à délaisser la qualité pour la quantité. Il est donc selon moi intéressant que des artistes se penchent sur ce sujet.
Je pense également comprendre que l’auteure se positionne du même côté que moi sur la question, qu’elle n’encourage pas le phénomène. Son approche est plus exprimentale, comme si elle voulait “savoir ce que ça fait”. Et j’ai du mal à comprendre en quoi est-ce que cela est intéressant, en fait. Je veux dire : on sait tous que l’on aura une réaction de dégoût devant une œuvre dérangeante. Et si le but est de critiquer l’hyperstimulation, je ne pense pas que pousser le phénomène à son paroxysme en soit une bonne manière.

Cela me dérangerait peut-être moins si le film ne se résumait pas à ça. Cela me fait donc une belle transition pour aborder le second point. Au premier visionage, le film ne m’a pas semblé avoir de réel intérêt esthétique. Non pas qu’il ne doive correspondre aux normes de ce qui est vu comme beau, mais il m’avait semblé que l’on pourrait en profiter mieux si le style visuel avait quelque chose d’unique. Je trouve parfois des œuvres d’art contemporain décevantes en cela qu’il nous est parfois impossible de les apprécier sans comprendre la démarche exacte de l’auteur.

Le film m’avait intriguée et j’ai défnitivement voulu en savoir plus. Et après en avoir découvert un peu du monde de la réalisatrice Heidi Hörtsturz, j’ai changé d’avis quant à son univers visuel. J’ai aimé son excentricité et le personnage qu’elle est. En revisionnant Yoyu Attacks! sur YouTube (donc avec la possiblité de baisser le son), j’avais moins cette sensation d’esthétique inexistante. Je pense toujours que le court-métrage reste relativement pauvre et superficiel, mais je n’ai plus cette espèce d’antipathie et de traumatisme qu’il m’avait laissés en sortant de la salle de cinéma. En tout cas, il m’intéresserait de pouvoir en parler avec l’auteure et de comprendre certains de ses choix artistiques, car le film reste assez obscur pour moi…

Vous pouvez voir le film ici.

Ceci est uniquement mon avis et peut-être qu’il changera encore.
Je sais que la quantité de personnes passant sur mon blog est équivalente à mon nombre d’oneilles, mais si pas pur hasard quelqu’un d’entre vous a vu le film et a un avis dessus, je l’invite à le partager avec moi.

C’est sur ce beau mot : “moi”, que je vous quitte.

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